L'être humain n'utilise que 10% de son cerveau
L'être humain n'utilise que 10% de son cerveau

L'un des mythes populaires les plus courants est celui selon lequel l'être humain n'utiliserait que 10% de son cerveau (ce pourcentage variant en fonction des sources, allant de 5% à 35%). Par extension, ce mythe tendrait à dire que si l'on découvrait le moyen d'utiliser 100% de notre cerveau, nous serions en mesure d'augmenter notre intelligence, et peut-être même d'acquérir des compétences hors-normes.

L'origine exacte de cette croyance populaire est inconnue. Le nom d'Einstein y est souvent associé, son intelligence étant soi-disant la conséquence de sa capacité à utiliser plus de 10% de son cerveau. Le responsable de sa propagation pourrait néanmoins être Lowell Thomas, l'homme qui a rendu célèbre Lawrence d'Arabie, et qui aurait retranscrit de façon erronée les travaux du psychologue William James.

Afin de mieux comprendre ce mythe, procédons à une comparaison simple : affirmer que nous n'utilisons que 10% de notre cerveau équivaut à dire que nous n'utilisons que 33% des feux tricolores. En effet, en temps normal, seule une des trois lumières est allumée, les deux autres étant éteintes. Pourtant, ces trois lumières sont bien utilisées, chacune à leur tour : nous utilisons bien l'intégralité du feu tricolore.
Il en va de même pour le cerveau : nous n'utilisons qu'une partie de notre cerveau à chaque instant, mais nous en utilisons bien l'intégralité au fil de notre vie.


Conclusion : Lucy, c'était bidon.

Par le biais notamment de l'imagerie cérébrale, de nombreux scientifiques ont été en mesure d'observer l'activité cérébrale humaine. Ces recherches ont permis d'établir l'utilité de chaque zone du cerveau, et de confirmer qu'aucune de ces zones n'est inutilisée. Même durant notre sommeil, toutes les zones du cerveau sont en activité, chacune à leur tour.

De plus, si nous n'utilisions réellement que 10% de notre cerveau, les dégâts infligés à celui-ci auraient de bonnes chances de ne toucher que les 90% inutilisés, et donc de ne pas produire de séquelles. Or, il n'y a presque aucune zone du cerveau qui peut-être abîmée sans que l'individu ne subisse de pertes de ses capacités. Même des dommages légers peuvent avoir des conséquences catastrophiques. N'oubliez pas de porter un casque !

De façon pragmatique, si nous n'utilisions qu'une petite partie de notre cerveau, l'évolution aurait amené l'humanité à voir la taille de celui-ci se réduire progressivement. En effet, le cerveau est l'organe consommant le plus d'énergie : jusqu'à 20% de l'oxygène et des nutriments produits par le corps (alors qu'il ne représente que 2% de sa masse totale). Les humains disposant d'un cerveau plus petit auraient donc consommé moins d'énergie, et auraient alors été naturellement favorisés, amenant au fil du temps et des générations à une réduction de la taille de notre cerveau.

Dans la culture populaire, ce mythe a servi de base à de nombreuses œuvres. Dans Lucy, Scarlett Johansson acquiert des compétences inimaginables grâce à une drogue débloquant les zones inutilisées de son cerveau, et dans L'Apprenti Sorcier, Nicolas Cage met à profit les parties non utilisées de son cerveau pour lancer des boules de feu.
Dans tout ça, il n'y a qu'une constante : la qualité plutôt discutable des films basés sur ce mythe.

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